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Le dollar américain a perdu tous les avantages qu’il avait gagnés plus tôt dans la semaine après l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
Le rapport d’inflation de juin aux États-Unis a réservé au marché une importante surprise désinflationniste, coïncidant avec les premières remarques de Kevin Warsh devant le Congrès. L’indice des prix à la consommation global n’a augmenté que de 3,5 % sur un an, contre une prévision de 3,8 %, et a fortement ralenti par rapport aux 4,2 % de mai. D’un mois sur l’autre, les prix ont même reculé de 0,4 %, alors qu’une baisse de seulement 0,1 % était anticipée. L’indice des prix à la consommation reflète l’inflation et influence directement les anticipations de taux ; des chiffres aussi faibles ont donc nettement affaibli le dollar, sapant les arguments en faveur d’une position restrictive de la Réserve fédérale.
Pour l’euro et la livre, cette évolution a constitué un vent arrière favorable. Le ralentissement de l’inflation a accru la probabilité d’une attitude plus accommodante de la banque centrale, réduisant l’attrait du dollar et permettant aux deux monnaies européennes de se renforcer. Les paires EUR/USD et GBP/USD ont regagné du terrain dans le sillage du repli du dollar américain, et les mouvements ultérieurs ont été déterminés par l’ampleur de la révision des anticipations de taux par le marché après la publication.
Aujourd’hui, durant la première moitié de la journée, l’attention des investisseurs concernant l’euro se portera sur les données de la production industrielle de la zone euro. Cet indicateur reflète la dynamique de la production dans les usines et les ateliers de la région et sert de baromètre important de l’état du secteur réel et, par ricochet, de la santé globale de l’économie. Des chiffres solides signalent la résilience de l’activité des entreprises et soutiennent indirectement les attentes d’une politique plus restrictive de la Banque centrale européenne, ce qui va dans le sens d’un euro plus fort, tandis qu’un résultat faible pourrait au contraire accentuer la pression sur la monnaie. De bons chiffres pourraient donc aider l’euro à continuer de gagner du terrain face au dollar. Si la production dépasse les prévisions, la paire EUR/USD aura des raisons de poursuivre son mouvement de reprise au cours de la première moitié de la séance.
En ce qui concerne la livre, l’absence aujourd’hui de données fondamentales au Royaume-Uni ne devrait pas donner de direction claire au marché, laissant seule à l’agenda l’intervention de Huw Pill, membre du Monetary Policy Committee de la Bank of England. Sans nouvelles données sur l’inflation, l’emploi ou l’activité des entreprises, les traders n’auront pas les raisons habituelles de réévaluer leurs positions, ces indicateurs servant généralement de repères pour les anticipations de taux de la banque centrale et pour la trajectoire de la monnaie britannique. En leur absence, la rhétorique des représentants de la BoE passe au premier plan, rendant les propos de Pill particulièrement importants. Dans un environnement extérieur calme, la paire GBP/USD a des chances de poursuivre sa progression en première partie de journée, d’autant que la livre bénéficie déjà de la faiblesse du dollar. Néanmoins, une grande partie de l’évolution dépendra du ton du discours de Pill : des accents restrictifs pourraient renforcer la monnaie britannique, tandis qu’un message accommodant pourrait freiner sa hausse.
Si les chiffres sont conformes aux attentes des économistes, il est préférable de s’appuyer sur une stratégie de Mean Reversion. Si les données s’écartent fortement des prévisions des économistes, à la hausse comme à la baisse, il est conseillé d’adopter une stratégie de Momentum.