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01.06.2026 11:38 AM
La BCE formule un nouveau commentaire restrictif

L’euro a continué d’effacer ses gains dans un contexte de série de déclarations de plus en plus restrictives de la part des responsables européens. Ce week-end, Isabel Schnabel a de nouveau envoyé l’un des signaux les plus fermes émanant des représentants de la BCE ces dernières semaines. S’exprimant lors d’une conférence de Bank of Korea à Séoul, elle a déclaré sans détour que la banque centrale ne pouvait plus ignorer l’impact inflationniste de la guerre en Iran. « Nous ne pouvons plus faire abstraction de ce choc. Le risque de désancrage des anticipations d’inflation augmente », a-t-elle indiqué.

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Sa thèse sur la nature du choc actuel est d’une importance matérielle. Schnabel a soutenu que la crise actuelle diffère fondamentalement des précédents chocs énergétiques : elle se manifeste de plus en plus comme un choc de demande mondiale tout en augmentant simultanément les coûts de production à l’échelle de la planète. La pression qui en résulte sur les prix à la production se diffusera à travers les chaînes de valeur mondiales et fera remonter l’inflation sur les biens après une longue période de maîtrise. « Cela exercera des pressions inflationnistes pratiquement partout dans le monde », a‑t‑elle ajouté. En d’autres termes, même si le conflit prenait fin aujourd’hui, les dommages subis par les infrastructures énergétiques et les chaînes d’approvisionnement ont déjà modifié la dynamique des prix à plus long terme — et une réponse monétaire sera de toute façon nécessaire.

Ses remarques confirment sa déclaration de la semaine dernière selon laquelle une hausse des taux lors de la réunion de la BCE des 10–11 juin est nécessaire. Il convient de noter que des signaux similaires ont été envoyés par d’autres membres du Conseil des gouverneurs ces dernières semaines, quoique avec des degrés de fermeté variables. Le président de la Deutsche Bundesbank, Joachim Nagel, a averti la semaine dernière que l’économie de la zone euro s’orientait vers un scénario défavorable plutôt que vers le scénario de référence et a explicitement soutenu une hausse en juin. Le membre du Conseil des gouverneurs Pierre Wunsch a qualifié les anticipations de marché de trois relèvements de 25 points de base cette année de « raisonnables ». Christodoulos Patsalides a déclaré que « tout indique une hausse des taux » en juin. Pierre Wunsch a également souligné que le conflit avait réintroduit l’inflation au point de départ de la mission de la BCE.

Seule une minorité a appelé à la prudence. Le gouverneur de la Bank of Greece, Yannis Stournaras, a mis en garde contre un resserrement excessif de la politique monétaire face à une croissance atone. François Villeroy de Galhau a prôné la prudence, notant que les effets de second tour ne se sont pas encore matérialisés — une position que Schnabel a explicitement rejetée en s’appuyant sur des premiers signes de tels effets.

Concernant la trajectoire au‑delà de juin, Schnabel a délibérément laissé la porte ouverte : « Il est trop tôt pour dire qu’il s’agit d’un certain nombre de hausses et puis c’est terminé. » Les marchés ont largement intégré une hausse de 25 points de base pour juin, et les commentaires de Schnabel n’ont fait que renforcer ces anticipations. Pour l’euro, cela constitue un facteur globalement porteur, mais le potentiel d’appréciation supplémentaire est limité par l’affaiblissement de l’économie de la zone euro et l’incertitude entourant le détroit d’Ormuz.

Une analyse technique de l’EUR/USD suggère que les acheteurs devraient envisager de sécuriser 1,1670 ; cela permettrait de tester 1,1700. À partir de là, la paire pourrait progresser vers 1,1730, même si un mouvement au‑delà de ce niveau sans soutien de gros intervenants serait difficile. L’objectif plus lointain est le sommet à 1,1751. À la baisse, seul un intérêt acheteur significatif autour de 1,1630 est susceptible de déclencher d’importantes interventions de la part de grands acteurs. En l’absence de ce soutien, il serait prudent d’attendre un nouveau creux à 1,1610 ou d’envisager des positions longues à partir de 1,1585.

Pour le GBP/USD, les acheteurs de sterling devraient d’abord franchir la résistance à 1,3480 pour viser 1,3510 ; dépasser ce niveau pourrait s’avérer difficile, avec un objectif supplémentaire à 1,3548. Si la paire recule, les vendeurs chercheront à prendre la main à 1,3450. Une cassure nette sous 1,3450 porterait probablement un sérieux coup aux positions haussières et pourrait pousser le GBP/USD vers 1,3410, avec un potentiel de baisse jusqu’à 1,3370.

Jakub Novak,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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