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19.10.2026 12:48 AM
EUR/USD. Prévisions hebdomadaires. ZEW, PMI et PIB chinois

Les acheteurs de l’EUR/USD parviendront-ils à franchir la résistance des 1,1280, ou bien les vendeurs reprendront-ils la main et ramèneront-ils la paire dans la zone des 1,11 ? Nous devrions obtenir des éléments de réponse au cours de la semaine à venir, même si le calendrier économique n’est pas particulièrement chargé en publications majeures. Les indicateurs clés seront les indices ZEW et PMI, qui permettront de mieux appréhender le sentiment actuel concernant l’économie européenne et les perspectives d’activité des entreprises. Les données de PIB de la Chine auront un impact indirect sur l’EUR/USD en influençant l’appétit global pour le risque. Le degré d’aversion pour le risque dépendra également de l’évolution de ce que l’on appelle le « dossier iranien », compte tenu des nouvelles tentatives de relancer le dialogue diplomatique.

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Ainsi, d’un côté, la semaine paraît presque vide en termes de « contenu » informationnel. De l’autre, même des publications de second rang peuvent désormais accroître la volatilité sur l’EUR/USD, les opérateurs de marché les interprétant à la lumière des principaux rapports macroéconomiques déjà publiés.

ZEW

Mardi 20 octobre, l’Allemagne publiera les indices ZEW. Le rapport de septembre présentait un tableau mitigé : l’indice allemand des attentes est passé de 34,2 à 34,7 points, et l’évaluation de la situation actuelle s’est améliorée de -61,1 à -47,1. En revanche, l’indice des attentes pour la zone euro a reculé de 31,4 à 25,8, alors même que l’appréciation des conditions actuelles progressait de -21,5 à -13,9. En termes simples, cela signifie que la situation globale s’est améliorée en septembre, mais que la confiance dans la durabilité de la reprise ne s’est pas renforcée.

Les prévisions d’octobre suggèrent un recul de l’indice allemand des attentes : le consensus publié se situe dans une fourchette de 31 à 33. Une dynamique similaire est attendue pour la zone euro. Une publication plus faible pèserait sur l’euro et accentuerait les doutes sur la résilience de la reprise européenne.

Pour la Banque centrale européenne, il s’agit d’un argument secondaire mais néanmoins pertinent en faveur d’une attitude plus prudente : la cherté de l’énergie alimente l’inflation tout en freinant la croissance, faisant planer le spectre de la stagflation. Dans ce contexte, de nouvelles hausses de taux pourraient affaiblir davantage une reprise déjà fragile, tandis que l’attentisme risque de prolonger la lutte contre les pressions sur les prix. À en juger par les récents discours des responsables de la BCE, la banque centrale privilégie la prudence pour ne pas compromettre la croissance. De ce fait, des chiffres ZEW décevants pourraient renforcer les anticipations de pause dans le cycle de hausse des taux et exercer une pression baissière sur l’euro.

PMI

Vendredi 23 octobre, des données macroéconomiques plus importantes pour l’euro seront publiées — les indices PMI préliminaires d’octobre — qui permettront d’évaluer les conditions d’activité dans les secteurs manufacturier et des services de la zone euro. À la différence des enquêtes ZEW, centrées avant tout sur les anticipations d’experts, les PMI sont établis à partir d’enquêtes auprès des entreprises et reflètent les variations mensuelles de l’activité.

Le mois dernier, le PMI composite de l’Allemagne est passé de 51,8 à 53,8, et le PMI des services de 49,7 à 52,9 (c’est‑à‑dire de retour en zone d’expansion). À l’inverse, l’indice manufacturier a légèrement reculé de 54,3 à 53,9. Pour octobre, les prévisions tablent sur un repli du PMI composite à 53,0, tandis que l’indice des services est attendu en légère hausse à 53,1. Le PMI manufacturier est lui aussi anticipé en petite progression — de 53,9 à 54,0. Autrement dit, la croissance devrait se poursuivre, mais sans reproduire le bond marqué de l’activité globale observé en septembre.

Dans la zone euro, le PMI composite est monté en septembre de 52,0 à 53,1, le manufacturier de 52,7 à 52,9 et les services de 51,6 à 53,0. Les prévisions d’octobre impliquent un recul du PMI composite à 52,3. L’indice manufacturier devrait légèrement fléchir de 52,9 à 52,8, et celui des services de 53,0 à 52,8.

Une telle dynamique signalerait un ralentissement de l’activité, même si les indices resteraient au‑dessus du seuil de 50, synonyme d’expansion. Pour la BCE, ce ne sont pas seulement les chiffres globaux des PMI qui comptent, mais aussi les composantes liées aux prix. Si l’économie reste résiliente et que les entreprises continuent de relever leurs prix de vente, les partisans de nouvelles hausses de taux gagneraient en influence. Mais si les nouvelles commandes reculent dans un contexte de hausse des coûts, la banque centrale se retrouvera face à un choix plus délicat : resserrer pour juguler l’inflation au risque de freiner davantage l’économie, ou marquer une pause malgré les tensions sur les prix. En résumé, un affaiblissement des commandes parallèlement à une hausse des coûts des intrants accentuerait le dilemme de la stagflation.

Les PMI américains seront publiés le même jour. En septembre, le PMI composite des États‑Unis est passé de 56,0 à 58,4, le PMI des services de 56,5 à 58,8 et l’indice manufacturier s’est établi à 55,9 — des niveaux nettement en zone d’expansion. Ce mois‑ci, le PMI composite est attendu en léger repli à 57,6, les services à 57,9 et le manufacturier à 55,6. Malgré ce ralentissement attendu « en apparence », les trois indices resteraient largement au‑dessus de 50, ce qui reflète une activité globalement solide. Si les composantes prix restent également élevées, le dollar pourrait en tirer un soutien supplémentaire : la combinaison d’une économie résiliente et de pressions inflationnistes persistantes renforcerait la probabilité que la Réserve fédérale maintienne une politique monétaire restrictive.

PIB Chine + publications secondaires

Lundi, la Chine publiera les chiffres de croissance du PIB au troisième trimestre. La plupart des analystes anticipent une accélération de l’économie chinoise de 4,3 % à 4,4 % en glissement annuel et de 0,9 % à 1,1 % en glissement trimestriel. Cela traduirait une légère reprise de l’activité.

Une publication « verte » (meilleure qu’attendu) pourrait atténuer les craintes de ralentissement mondial et soutenir l’appétit pour le risque. Dans ce cas, la demande de dollars en tant que valeur refuge se détendrait probablement, offrant un soutien supplémentaire à l’EUR/USD. En cas de déception, les investisseurs auront une raison de plus de douter de la solidité de la reprise chinoise et, par ricochet, de la demande mondiale. Une montée de l’aversion pour le risque favoriserait le billet vert et pèserait sur la paire.

Les publications américaines secondaires permettront de compléter le tableau de l’économie américaine. Les données immobilières et les demandes d’allocations chômage seront particulièrement suivies. Après des chiffres d’inflation élevés et un rapport décevant sur les créations d’emplois (Nonfarm Payrolls), les opérateurs doivent évaluer dans quelle mesure l’économie américaine résiste à des taux d’intérêt élevés et si la Fed dispose encore de marge pour durcir sa politique.

Les statistiques sur le logement aux États‑Unis sont attendues mardi. Le consensus table sur une hausse des mises en chantier, de 1,275 million à 1,30 million en rythme annualisé, tandis que les permis de construire pourraient légèrement reculer de 1,403 million à 1,385 million. Les ventes de logements existants sont attendues en hausse de 0,5 % sur un mois, après une progression de 0,3 % précédemment. Cet ensemble de données plaide davantage pour une stabilisation du marché immobilier américain que pour une reprise vigoureuse : l’activité se redresse progressivement, mais l’évolution des permis ne laisse pas présager d’accélération marquée de la construction à court terme.

Jeudi, l’attention du marché se tournera vers les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États‑Unis. Les demandes initiales sont attendues en légère hausse de 199 000 à 200 000, et les demandes continues de 1,710 million à 1,712 million. Si les chiffres sont conformes aux prévisions, ils ne signaleront pas de dégradation significative. Un niveau bas de demandes initiales indique surtout l’absence de vagues massives de licenciements, mais ne constitue pas en soi la preuve d’une forte création d’emplois ; de tels résultats ne remettraient donc pas en cause la faiblesse observée dans le rapport Nonfarm Payrolls. Une hausse marquée de l’une ou l’autre des séries inquiéterait davantage les acheteurs de dollars : elle indiquerait non seulement davantage de pertes d’emplois, mais aussi plus de difficultés à en retrouver.

Technique

D’un point de vue technique, l’EUR/USD conserve un potentiel à court terme pour poursuivre le mouvement correctif, même si l’inversion de la tendance baissière n’est pas encore confirmée. En unité H4, le cours évolue au‑dessus de la bande médiane de Bollinger et au‑dessus de Tenkan‑sen et Kijun‑sen, mais reste à l’intérieur du nuage Kumo. La résistance clé demeure à 1,1280, où la bande supérieure de Bollinger coïncide avec la borne supérieure du Kumo en H4 (et, en D1, ce niveau correspond à la bande médiane de Bollinger).

Sur le graphique journalier, le tableau reste baissier : les bandes de Bollinger sont orientées à la baisse, le cours se situe entre la bande médiane et la bande inférieure, et il demeure sous Kijun‑sen et sous le Kumo. Toutefois, le fait qu’il se trouve au‑dessus de Tenkan‑sen traduit un renforcement de la pression acheteuse, même si ce mouvement reste, pour l’instant, de nature corrective.

Si les acheteurs parviennent à franchir 1,1280 et à clôturer au‑dessus de ce niveau, ils ouvriront la voie vers la prochaine barrière significative à 1,1370 (la Kijun‑sen journalière). En revanche, si les acheteurs échouent à s’emparer de la zone 1,1270‑1,1280 et que le cours repasse sous la bande médiane de Bollinger en H4, autour de 1,1200, cela signalera un affaiblissement de la dynamique haussière. Dans ce cas, la paire pourrait revenir vers la zone des 1,11, avec la perspective de nouvelles baisses vers 1,1140 (bande inférieure de Bollinger en H4), puis vers le plus bas annuel récemment inscrit, aux alentours de 1,1114.

Irina Manzenko,
Analytical expert of InstaTrade
© 2007-2026

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